Vous êtes ici : Accueil > Actualités > 18 séances de rééducation périnéale sans résultat ? Voici ce qu’il faut savoir.

18 séances de rééducation périnéale sans résultat ? Voici ce qu’il faut savoir.

Hier
18 séances de rééducation périnéale sans résultat ? Voici ce qu’il faut savoir.

Il y a à peine deux semaines, une jeune maman est venue me voir en larmes. Elle avait accouché en octobre 2025 et, malgré un quotidien déjà bien chargé entre son bébé et son aîné, elle avait réussi à suivre 18 séances de rééducation uro-gynécologique avec biofeedback par sonde. Comme résultat? un grand désespoir! Aucune amélioration de ses symptômes.

Un exploit devenu une impasse

Trouver du temps pour soi après un accouchement relève parfois de l’exploit. Cette patiente a puisé dans ses dernières forces pour se soigner, motivée par une détresse bien réelle. Pourtant, elle repartait avec les mêmes handicaps du quotidien : fuites au moindre effort (monter les escaliers, porter ses enfants, marcher), impossibilité de se retenir, envies fréquentes d’uriner. Un tableau sévère d’incontinence à l’effort, associé à une sensation de pesanteur évocatrice d’un prolapsus.

Ce que j’ai découvert lors de mon bilan uro-gynécologique.


Mon examen a révélé plusieurs choses que les séances précédentes n’avaient pas prises en compte :

Une instabilité vésicale 

Elle nécessite avant tout une électrostimulation (par exemple sur le nerf tibial postérieur), sans passer par le vagin, pour plus de confort.


Un biofeedback inadapté dans 80 % des cas comme celui-ci:

 Il renforce la contraction périnéale, mais n’agit pas sur la fréquence des mictions, car celle-ci dépende du muscle vésical, contrôlé par le système nerveux autonome (sur lequel nous n’avons pas de prise volontaire).


Une sensation de lourdeur (prolapsus) 

 Ici, le travail clé est postural et respiratoire, pas seulement la force des fibres rapides du périnée. Les muscles du plancher pelvien sont des muscles de posture, pas de mouvement.


Un diastasis de deux doigts au-dessus du nombril 

Cela perturbe la coordination entre le plancher pelvien et le transverse de l’abdomen, aggravant à la fois l’incontinence, la descente d’organe et les urgences mictionnelles.


Elle ne savait pas contracter son périnée 

– Malgré 18 séances de biofeedback ! Elle serrait principalement ses fesses.

En plus beaucoup d'entre nous ne savons pas serrer l'intégralité du périnée. Je remarque dans ma pratique que la contraction sera souvent postérieure et n'intègre pas l'urètre. 

Repartir sur de bonnes bases pour une bonne rééducation Uro, il faut un bon bilan de départ et une grande expertise de votre kiné! 


Nous avons tout repris depuis le début. Cette patiente a perdu du temps, de l’argent et du moral. Mais ce n’est pas une fatalité.

Ce que je recommande à toutes les femmes voulant faire une rééducation uro-gynécologique


Avant de vous lancer dans une rééducation, assurez-vous que votre kinésithérapeute réalise un bilan complet de votre état. Celui-ci dure entre 1 et 3 séances de 30 minutes si vos symptômes sont nombreux. À l’issue de chaque étape, des solutions applicables immédiatement doivent vous être proposées, pour que vous puissiez adopter les bonnes habitudes sans attendre.

 Pour avoir vécu ces problèmes je sais à quel point c'est difficile à vivre, et qu'il ne s'agit pas simplement de mettre une sonde et d'attendre que le travail se fasse. 

C'est tout un monde à découvrir et à comprendre qui permet d'agir et de changer la donne. Mais toujours avec beaucoup d'amour et de tendresse. 

Mon expertise, et mes connaissances sont à votre service. 


Votre kiné uro-gynécologique
Eloïse Deliège à Mons et Ath.